Espace abonné
Mon panier
 

Actualités

Pressing. L’ozone en question


Publié le 10 juin 2020 11:33:43

 

Nombre de pressings se laissent séduire par ce matériel, et certains possesseurs l’ont même prêté aux Ehpad durant la crise. Mais que penser de l’action virucide sur les textiles revendiquée par les box/cabines fonctionnant à l’ozone ? La question fait toujours débat, et les fabricants concernés ne disposent pas aujourd’hui d’un sésame (norme NF 14476 ou certification) qui permettent de vérifier l’allégation. Certains concèdent même qu’en effet, « d’une façon générale, on ne peut affirmer que les cabines d’ozonisation dont sont équipés les pressings garantissent la désinfection et encore moins un effet virucide – un virus ne se comportant pas comme une bactérie. L’ozone, est un oxydant très puissant (trioxygène). Mais il s’agit d’un gaz. Pour qu’il désinfecte en profondeur des textiles, d’épaisseurs diverses, il faudrait disposer d’un flux d’ozone adapté, à une pression suffisante, pour pénétrer le textile et obtenir l’effet escompté. » Or, les machines incriminées ne fonctionnent pas avec un flux d'ozone : ce ne sont pas des générateurs.

Contactés sur ce sujet, les centres de recherches français et européens ne sont pas en mesure d’apporter une réponse puisqu’ils n’ont jamais été démarchés pour effectuer des tests. Si l’action désodorisante et bactéricide semblent ne pas rencontrer de détracteurs (les propriétés de l’ozone en la matière semblent avérées), il n’en va pas de même concernant l’effet virucide estampillé sur certains produits. Interpellée sur le sujet, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) confirme que dans l’état actuel des connaissances, il n’y a aucune validation scientifique du traitement à l’ozone pour éliminer le COVID-19, et par extension aucune reconnaissance réglementaire en la matière. Les entreprises françaises qui fournissent ce type de produit ont été contactées et se sont engagées à supprimer les allégations virucides, notamment envers le COVID-19, lorsqu’une mention de la sorte était présente.

 

Partager l'article