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Entretien des textiles. Une vague de faillites menace le secteur


Publié le 9 sept. 2020 11:11:00

 

Le secteur de l’entretien des textiles fait grise mine… mais ne renonce pas ! Tous ses syndicats sont à pied d’œuvre pour contrer les effets de la crise et accompagner du mieux possible les professionnels impactés.

Les chiffres sont préoccupants. Sur le marché du pressing, « les dernières informations remontées par le secteur font état d’une chute des chiffres d’affaires de l’ordre de 40 à 90% dans un cas extrême ! », témoigne Olivier Risse, le président de la Fédération Française des Pressings et Blanchisseries (FFPB). Le syndicat se bat actuellement pour obtenir un plafonnement des loyers. « La problématique des loyers reste un point crucial pour nos entreprises. Beaucoup de bailleurs (foncières, privés...) refusent toute négociation en la matière, ce qui crée un climat de fortes inquiétudes de notre secteur. La FFPB demande donc l’annulation des loyers pendant la période de confinement, puis un plafonnement de ceux-ci par rapport au chiffre d’affaires. Nous savons que les entreprises ne retrouveront pas leur niveau d’activité avant de longs mois. Nous sommes sur un marché en régression permanente, ce qui impose des efforts constants d’adaptation pour rester rentables. Mais c’est aussi ce qui montre leur dynamisme ! »

Tourisme et restauration en berne impactent fortement la location-entretien

Le Groupement des Entreprises Industrielles de Services Textiles (GEIST) est monté lui aussi au créneau pour défendre l’activité des loueurs de linge, chez qui les chiffres d’affaires prévisionnels pour l’année 2020 sont en chute de l’ordre de 35 % en moyenne. Des perspectives peu réjouissantes liées au marché plus que baissier de l’hôtellerie-restauration dont dépendent beaucoup d’acteurs spécialisés sur ce secteur. « Les mesures mises en place jusqu’ici par le gouvernement ont permis de faire face au choc. Mais aujourd’hui, leur maintien conditionne notre survie. 80 % des emplois sont menacés », pointe le président du GEIST, Sébastian Sdez, dans une lettre rendue publique et adressée au Premier ministre début juin. Aussi, afin de préserver les emplois, le GEIST sollicite une prise en charge de l’activité partielle et une exonération de charges sociales dans les mêmes conditions qu’appliquées à l'hôtellerie-restauration pour les loueurs qui ont perdu 50 % de leur chiffre d’affaires et qui dépendent à plus de 50 % de ce secteur.

La blanchisserie hospitalière renforcée

Les blanchisseries actives sur le marché de la santé, et notamment les blanchisseries hospitalières, enregistrent pour leur part une augmentation de 50 % de la consommation des vêtements professionnels, comme le souligne Andy Nguyen, le président de l’Union des Responsables de blanchisseries hospitalières (URBH). « Nous sommes passés d’un à trois articles par porteur. Mais avec toutes les activités qui ont repris, il a fallu redéployer les équipes. L'URBH a enregistré en moyenne entre 50 % et 60 % de linge en forme en plus à traiter. De fait, nous avons dû faire appel à des heures supplémentaires, à de l'intérim ou bien à des contractuels. » Une évolution que le président de l’URBH estime pérenne : « Aujourd'hui, les pratiques hospitalières sur les changes se sont transformées. La consommation de vêtements professionnels se maintient et il n'y a plus d'approvisionnement en vêtements à usage unique. Les établissements ont décidé de pérenniser ces pratiques. Nous prévoyons donc une augmentation de la production des blanchisseries de l'ordre de 30 à 40 % ». Pour faire face à ce regain d’activité, les blanchisseries envisagent de « passer de cinq jours de travail par semaine à six jours. Nombreuses sont celles qui fonctionnent déjà en 2/8, afin de rentabiliser leurs outils de production. »

Résolus à se battre pour réussir à sortir de cette crise, les professionnels de l’entretien des textiles n’ont pas dit leur dernier mot et disposent aujourd’hui d’une oreille attentive à Bercy. C’est en tout cas ce que nous a assuré le ministre délégué aux PME, Alain Griset, en affirmant que « Bercy était la maison des fédérations », et que l’on y trouvera « tout l’accompagnement nécessaire ». CQFD.

 

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