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Toute l'actualités de l'entretien pro des textiles : blanchisseries, pressings

 

L’actualité fait entrer la profession dans la lumière. Laveries, pressings, blanchisseries et loueurs de linge sont autorisés à ouvrir, considérés comme indispensables : tous sont sur le pont face à la crise sanitaire. Tous font front pour accompagner la Santé et les malades pris en charge. Mais sur la planète de l’entretien des textiles, les situations sont hétérogènes selon les segments de marché.

La blanchisserie sur le pied de guerre

Travailleurs de l’ombre, les petites mains qui œuvrent chaque jour en blanchisserie industrielle se relayent sans faillir. Objectif : assurer la livraison en linge plat et tenues de travail des soignants, héros de notre quotidien. « Le gouvernement a précisé les activités prioritaires en cette période de pandémie : agriculture, industrie et distribution alimentaire, pharmacies, banques… ainsi que les blanchisseries ! C’est dire l’impact significatif de nos activités sur la continuité de la vie sociale et, plus spécialement, des soins médicaux. Nos blanchisseries industrielles participent en effet directement à l’effort national de lutte contre le Covid-19 en assurant la fourniture et le lavage du linge destiné au personnel soignant et aux patients dans de très nombreux établissements de santé, privés ou publics, dans toute la France », souligne le GEIST. Gérer l'urgence dans le respect absolu de la sécurité n’est pas si évident. Heureusement, « les Plans de Continuité d’Activité (PCA) établis de longue date garantissent l’absence de rupture dans la chaine d’approvisionnement. Ils assurent la protection du personnel des entreprises de la profession, en instaurant des mesures d’hygiène drastique : la sécurité des équipes est organisée, de même que l’efficacité de nos services. Face à la crise du corona virus, les entreprises de blanchisserie et location textile sont aux côtés de leurs clients pour assurer la continuité de la fourniture du linge pour tous les services de santé, pour les hôpitaux, les maisons médicalisées, les centres de soins, les cabinets médicaux, les laboratoires, les services de secours, les pompiers, les forces armées, les associations caritatives, pour l’industrie pharmaceutique et agro-alimentaire... »

Les laveries au secours des particuliers

Du côté des laveries, les messages à faire passer sont simples et clairs. Indispensables dans la vie de tous les jours pour ceux qui ne disposent pas d’une machine à laver chez eux, la laverie reste un moyen très usité pour nettoyer ses vêtements. L’AFL (Association française des laveries) estime pour sa part « qu'il est de notre devoir de rester ouvert afin que chacun puisse laver son linge, ses vêtements, ses draps... ». L’association conseille vivement à chaque gérant de laverie « d’apposer à l'extérieur et à l'intérieur de la laverie l'affiche disponible sur la page COVID-19 de son site web, de faire respecter les consignes lorsque vous êtes présent et de désinfecter plusieurs fois par jour les poignées de hublots et les claviers des machines, les claviers des centrales de paiement, les poignées de séchoirs, les tables et bancs. »

Les pressings, ballotés par les mesures de l’Etat

Le marché des pressings a vécu pour sa part dans un flou économique et politique quelques semaines. Autorisés à ouvrir, ces établissements sont confrontés au confinement de leurs clients, inexistants donc, aux risques encourus pour leur personnel en contact direct avec des porteurs potentiels du virus et à une chute drastique de leurs chiffres d’affaires. Sans parler des spécificités liées au traitement du linge contaminé qui implique des process bien particuliers, notamment au niveau de la protection des salariés, rendue impossible suite à la pénurie de masques et de solutions hydroalcooliques. Bilan : la majorité a préféré baisser le rideau le temps de la crise. Problème : ce statut autorisant l’ouverture handicapait la profession, alors exclue des mesures gouvernementales prises en faveur des entreprises en difficulté. A l’instar d’autres fédérations, la FFPB s’est donc adressée au ministre de l’Economie pour rendre accessibles aux pressings les dispositifs mis en place. Face à toutes les requêtes, le gouvernement a finalement assoupli les conditions et élargi aux potentiels bénéficiaires. Un soulagement pour les professionnels concernés, désormais accompagnés et soutenus dans une crise qui pourrait causer tout de même beaucoup de mal au secteur.

 

Toutes les études en la matière ne reposent pas encore sur des fondements solides, et de nombreuses questions restent en suspens quant à l’interaction du Covid-19 avec les vêtements et plus généralement le textile. Le point sur les idées qui circulent en la matière.

Le virus peut-il survivre sur les vêtements ?
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique qu’il est difficile d’estimer précisément la durée de vie du virus sur les surfaces en général. Elle pourrait varier de quelques heures à plusieurs jours selon le type de matières, textiles inclus. On parle notamment d'une durée de trois heures dans l'air, de trois jours sur le plastique et l'acier, et même de cinq jours sur le verre. Et bien que les sorties soient limitées, les vêtements entrent en contact avec le Covid-19 à notre insu.
Pour les experts d’Harvard Health, le Covid-19 aurait tendance à s’accrocher plus facilement sur les surfaces poreuses que sur des tissus. Cela dépend généralement du type de surface, de la température ambiante et du taux d'humidité, comme l'explique l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) en France.

Un vêtement souillé peut-il contaminer une personne ?
Toute surface contaminée est susceptible de transmettre le virus, par exemple si la personne se touche ensuite le visage sans s’être lavé les mains. Il en est donc vraisemblablement de même pour des tissus éventuellement souillés par des rejets d'une personne contaminée, notamment avec des gouttelettes qui pourraient venir s'accrocher aux particules du vêtement. Ce dernier serait ensuite potentiellement vecteur de contamination si la personne ne respecte pas les gestes barrières de base comme le lavage des mains au savon pendant vingt secondes. En tout état de cause, un textile peut être vecteur lorsqu’il est en contact avec d’autres articles et peut aussi contaminer une machine qui viendrait contaminer les articles traités à la suite… C'est le principe de la « contamination croisée ».

Certains textiles sont-ils plus susceptibles que d'autres de véhiculer le virus ?
La survie du virus sur les textiles semble dépendre des matériaux. Des spécialistes affirment que des fibres poreuses comme le polyester seraient susceptibles de retenir le virus plus longtemps que du simple coton. En définitive, tout type de textile peut retenir le virus pendant quelques heures, y compris les gants en cuir que certaines personnes portent en pensant se protéger. Les boutons et fermetures fabriqués en plastique et en métal peuvent quant à eux retenir le virus parfois jusqu’à plusieurs jours s'ils ne sont pas désinfectés.

Le lavage domestique suffit-il à désactiver le virus ?
D’après le fabricant Kreussler, « le lavage désinfectant n'est pas possible dans les machines domestiques, car la température de désinfection n'est pas atteinte et/ou pas maintenue suffisamment longtemps. Pour cette raison, les cabinets médicaux par exemple, doivent soit acheter une machine professionnelle soit utiliser un service de lavage externe avec une certification appropriée. »
La note fournie par la FFPB rappelle que quel que soit le type de machine à laver, professionnelle ou ménagère, une désinfection quotidienne de celle-ci est recommandée. Dans les laveries, lorsqu’il est possible de programmer un cycle de désinfection automatique, les exploitants sont invités à le faire après chaque lavage.

Comment traiter le linge au sein d’un pressing ?
Pour les professionnels, il est important de ne pas faire de généralités à partir d’un protocole unique même s’il est certifié EN 14476. Chaque fabricant a élaboré le sien propre (dosages, exposition, température). Dans les faits, la norme EN 14476 ne garantit pas la désinfection mais une méthodologie de conduite de tests. Les seules certifications les plus valables actuellement car les plus rigoureuses et qui garantissent une désinfection avec un protocole complet (dosage + température + temps d’exposition) sont celles certifiées RKI AB / VAH, du moins en ce qui concerne l’hygiène dans les textiles, car il s’agit de désinfecter en profondeur, à la différence des protocoles de désinfection des surfaces ou le traitement est plus « superficiel ».
D’après le laboratoire du fabricant Seitz, on retiendra :
- que pour obtenir une désinfection thermique haute température, il faut compter 90°C pendant 10 minutes ou 85°C pendant 15 minutes.
- que pour une désinfection à basse température (40°C-60°C), l’addition d’un désinfectant est requis.
- que dans le cas d’un nettoyage en milieu solvanté, rien ne permet aujourd'hui de garantir une action virucide sur le linge traité : aucune certification ne permet de prouver une désactivation sur le virus avec les produits existants.

Qu’en est-il des vêtements de pompiers ?
Pour les services de secours et d'incendie, qui peuvent également entrer en contact avec des patients, plusieurs fabricants disposent de produits certifiés apportant des garanties en termes de désinfection. L’action sur le coronavirus n'a pas encore été testé, mais l’efficacité des procédés contre les virus non enveloppés, qui sont généralement encore plus résistants que les virus enveloppés tels que le coronavirus, est éprouvée. Attention toutefois aux spécifications d’utilisation des procédés chimiques : si l’étiquette d’entretien indique des températures de lavage et des instructions de blanchiment différentes, les pompiers prennent des risques !

En tout état de cause, face à un vêtement contaminé ou potentiellement contaminé, qui peut le plus peut le moins : la conduite à tenir est la même, et il faut strictement respecter les préconisations d’hygiène et d’entretien ! Prenez garde aux informations contradictoires qui circulent et rapprochez-vous de vos fournisseurs/fabricants pour vérifier si les produits que vous utilisez sont normés et effectivement virucides (pas juste désinfectants ou bactéricides : face au Covid-19, cela est insuffisant).

 

Les initiatives des fabricants se multiplient pour venir à la rescousse des personnels pour lesquels le port d’un masque est essentiel. Ce sont d’abord ceux spécialisés dans les vêtements de protection sanitaire qui ont alloué une grosse partie de leur production pour fabriquer des masques, pénurie oblige. Aujourd’hui rejoints par l’ensemble des fabricants textiles, y compris ceux issus de l’univers du luxe, ces forces vives tournent à plein régime. Une centaine d'initiatives ont à ce jour été recensées en France. Certes, le niveau de protection des masques en tissu lavable (dits barrières), qui sont majoritairement fabriqués, ne relève pas d’un équipement de type FFP2, mais il faut parer au plus urgent et être en mesure de protéger tout le monde. Le Premier Ministre s’en réjouit d’ailleurs : « Pour répondre à la demande de masques à usage professionnel non sanitaire, nous avons mobilisé l’ensemble du tissu productif national : 24 producteurs français seront en capacité de produire près d’un demi-million de masques par jour dans les prochains jours. »
Le CHU de Lille a pour sa part mis au point, en partenariat avec l'industriel nordiste Lemahieu, les caractéristiques d'un masque en tissu compatible avec les exigences du masque chirurgical. « Le masque « Garridou » ne remplace pas le masque jetable, seul préconisé dans les situations à risque (soins, actes invasifs…). Mais il peut constituer un substitut acceptable pour les autres situations, hors des gestes de soins, tant que l’approvisionnement en masques jetables est limité », nuance ainsi l'établissement.
L’IFTH a par ailleurs rédigé un cahier des charges destiné à toutes les usines textiles qui souhaitent produire des masques. Une plateforme web a également été développée pour mettre en relation les opérateurs, mieux organiser les commandes de matière premières et centraliser les commandes de masques afin de bien les répartir sur le territoire français.

 

La surveillance officielle de la mortalité dans les Ehpad est effective depuis ce week-end. Alors qu’on observe une sur-mortalité liée au virus chez les plus de 65 ans, on ne peut en effet que supposer que le nombre de décès en Ehpad est probablement beaucoup plus lourd que le bilan officiel puisque les chiffres de la mortalité du Covid-19 ne prennent aujourd’hui en compte que les décès survenus à l’hôpital, bien que beaucoup de résidents d’Ehpad sont morts du coronavirus. « Cela ne représente qu’une faible part de la mortalité » en France, a reconnu mardi soir le professeur Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, indiquant que « les deux principaux lieux de décès sont l’hôpital et les Ehpad ».
De leur côté, directeurs, médecins et personnels d’Ehpad redoutent une hécatombe dans leurs structures. Car au-delà de l’application des gestes barrières et de l’interdiction des visites dans les Ehpad pour empêcher le virus d’y pénétrer, force est de constater que dans certains établissements, ces précautions ne rencontrent pas le succès escompté au vu des dizaines de décès constatés. « On ne sait pas aujourd’hui mesurer l’étendue des dégâts dans les maisons de retraite », a résumé mercredi le président de la Fédération hospitalière de France, Frédéric Valletoux.

Une contamination véhiculée par le linge ?
Dans ces établissements, la proximité liée à l’exercice des fonctions du personnel induit un risque éminemment élevé d’infection. « Peut-être faudrait-il envisager que la contamination puisse se propager via les vêtements ? Pas seulement ceux du personnel, mais aussi lors du traitement du linge des résidents. Car alors, brassés et contaminés, il devient vecteur de propagation du virus si la thermo-désinfection adjointe à la chimie adéquate ne sont pas employés. On n’en sait encore trop peu sur le taux de survie du virus sur des textiles », ose un acteur du marché des produits lessiviels. Ainsi, sur ce type de site, dans le cas où la prestation d’entretien du linge résidents n’est pas externalisée, le service lingerie doit redoubler de vigilance et instaurer des protocoles stricts pour éviter la sur-contamination potentiellement induite par les vêtements. « Il est impératif d’employer une chimie adaptée et surtout virucide. Un produit désinfectant et/ou bactéricide n’est absolument pas suffisant, pour la simple bonne raison qu’un virus n’est pas une bactérie. Pour le rendre inopérant, il faut le désactiver », confirme un autre fabricant de produits lessiviels.
De son côté, Bulle de Linge, le spécialiste du traitement du linge de résidents, se montre rassurant : « Les process Bulle de Linge respectent scrupuleusement les normes d’hygiène et de lavage et garantissent ainsi de manière constante la qualité microbiologique des articles entretenus conformément aux dispositions de la norme NF 14065, pour laquelle Bulle de Linge est certifiée, témoigne Béatrice Roëland, directrice d’exploitation de l’unité de Saint-Vulbas. Notre process de lavage a été élaboré, validé et contrôlé par un laboratoire et garantit une action désinfectante, bactéricide et virucide par l’injection de produits lessiviels spécifiques. De plus, nous garantissons l’efficacité de notre process par un contrôle permanent et en temps réel des injections de produit avec une alarme en cas d’erreur qui nous permet de stopper immédiatement le process. »
Alors qu’on voir fleurir les initiatives altruistes dans nombre de pressings de France pour traiter gracieusement le linge des soignants, pompiers et forces de l’ordre, il semble important de rappeler que prudence est mère de sûreté. « La prestation d’entretien du linge requiert en effet un process spécifique et contrôlé afin de garantir la sécurité et la santé des résidents et des personnels. Ce process spécifique requiert du matériel, des produits lessiviels et un contrôle permanent des installations et des résultats », confirme Béatrice Roëland.

 

Coronavirus. Pas de confinement pour Entretien Textile !


Publié le 31 mars 2020 15:15:37

 

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N°290 de mai-juin 2020

  • Blanchisserie industrielle et hospitalière : Hygiène du linge et désinfection des surfaces
  • Blanchisserie industrielle et hospitalière : Les systèmes de tri du linge au sale
  • Pressing : Les mannequins
  • Fonction linge : L’hygiène du linge des résidents
  • Textile et linge de location : Made in France, une utopie ?