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Made in France : réalités et possibilités


Publié le 14 déc. 2016 11:09:55

 

Dans le cadre de ses « Parenthèses textiles», le 22 novembre 2016, Mulliez-Flory a regroupé une quinzaine de participants d’acteurs de la filière textile et de donneurs d’ordres pour échanger autour du thème « Made in France : réalités et possibilités ».

Peut-on faire aujourd’hui du vêtement de travail « Made in France » ? C’est la question que se sont posés les participants de la « Parenthèse textile », table ronde organisée par Mulliez-Flory. Si les sondages montrent que 95 % des Français sont par principe favorables à l’achat de vêtements « Made in France », le passage à l’acte est loin d’être effectif. La cause ? Le coût du travail en France qui ne peut faire face aux pays du Sud-est asiatique ou à la zone Euromed : « un tee-shirt conçu en France avec du textile français mais monté en Tunisie, reviendra à 12,84 € contre 24,80 €, s’il est confectionné en France, démontre Carole Mauguin de Mulliez-Flory. Une différence que n’est pas prêt à payer le consommateur. » Coût du travail mais pas seulement. « Pour faire du vêtement de travail en masse, il faudrait revenir à des usines de plusieurs milliers d’ouvriers, ce qui n’est ni possible, ni souhaitable, remarque Danielle Simonneau, dirigeante d’AD confection, qui réalise, entre autres, des prototypes pour Mulliez-Flory. En revanche, il y a un vrai savoir-faire en France, qu’il faudrait valoriser, et pas seulement pour les articles de luxe. » Un autre exemple de savoir-faire, présenté par Isabelle Deléage, du tricoteur Bugis. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les confectionneurs pour développer des tissus très techniques à usages industriels ou pour les EPI. Reste à renforcer notre communication auprès des donneurs d’ordres pour mieux nous faire connaître. »

Des donneurs d’ordre, qui le reconnaissent, en l’état actuel, ne pourraient passer toutes leurs commandes sur du marché local. Toutefois, la réflexion est amorcée. « Nous commençons à rechercher des pièces, qui puissent entrer dans notre budget et qui correspondent à notre démarche RSE. Cela peut être un accessoire fabriqué en France, ou un réassort. », indique Marie Wilbois, responsable des vêtements d’image chez Phone Régie. De son côté Valérie Romani, acheteuse de la SNCF déclare : «  Nous ne pouvons exiger du « Made in France », car sommes tenus de respecter des critères de non-discrimination dans les appels d’offres. Cependant, pour répondre à notre besoin de distribution au fil de l'eau (identifié comme source d'économie puisqu'il permet de diminuer les consommations) et sécuriser nos approvisionnements, il faut des sites de fabrication proches. Dans un contexte où les entreprises sélectionnées ont des offres équivalentes, la VA France peut faire la différence. Aujourd’hui nos coiffes et nos pulls sont d’ailleurs made in France. » Sur quoi Sakina M’Sa, styliste conclut « Il ne faut pas se focaliser sur la confection, mais voir l’écosystème de la mode et du vêtement de travail dans son ensemble. On peut progresser à petits pas au niveau de la supply chain et surtout faire reconnaître nos actions pour soutenir la filière textile française. »

 

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