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Entretien des textiles. Les vêtements peuvent-ils être vecteur d’une contamination ?


Publié le 31 mars 2020 15:32:00

 

Toutes les études en la matière ne reposent pas encore sur des fondements solides, et de nombreuses questions restent en suspens quant à l’interaction du Covid-19 avec les vêtements et plus généralement le textile. Le point sur les idées qui circulent en la matière.

Le virus peut-il survivre sur les vêtements ?
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique qu’il est difficile d’estimer précisément la durée de vie du virus sur les surfaces en général. Elle pourrait varier de quelques heures à plusieurs jours selon le type de matières, textiles inclus. On parle notamment d'une durée de trois heures dans l'air, de trois jours sur le plastique et l'acier, et même de cinq jours sur le verre. Et bien que les sorties soient limitées, les vêtements entrent en contact avec le Covid-19 à notre insu.
Pour les experts d’Harvard Health, le Covid-19 aurait tendance à s’accrocher plus facilement sur les surfaces poreuses que sur des tissus. Cela dépend généralement du type de surface, de la température ambiante et du taux d'humidité, comme l'explique l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) en France.

Un vêtement souillé peut-il contaminer une personne ?
Toute surface contaminée est susceptible de transmettre le virus, par exemple si la personne se touche ensuite le visage sans s’être lavé les mains. Il en est donc vraisemblablement de même pour des tissus éventuellement souillés par des rejets d'une personne contaminée, notamment avec des gouttelettes qui pourraient venir s'accrocher aux particules du vêtement. Ce dernier serait ensuite potentiellement vecteur de contamination si la personne ne respecte pas les gestes barrières de base comme le lavage des mains au savon pendant vingt secondes. En tout état de cause, un textile peut être vecteur lorsqu’il est en contact avec d’autres articles et peut aussi contaminer une machine qui viendrait contaminer les articles traités à la suite… C'est le principe de la « contamination croisée ».

Certains textiles sont-ils plus susceptibles que d'autres de véhiculer le virus ?
La survie du virus sur les textiles semble dépendre des matériaux. Des spécialistes affirment que des fibres poreuses comme le polyester seraient susceptibles de retenir le virus plus longtemps que du simple coton. En définitive, tout type de textile peut retenir le virus pendant quelques heures, y compris les gants en cuir que certaines personnes portent en pensant se protéger. Les boutons et fermetures fabriqués en plastique et en métal peuvent quant à eux retenir le virus parfois jusqu’à plusieurs jours s'ils ne sont pas désinfectés.

Le lavage domestique suffit-il à désactiver le virus ?
D’après le fabricant Kreussler, « le lavage désinfectant n'est pas possible dans les machines domestiques, car la température de désinfection n'est pas atteinte et/ou pas maintenue suffisamment longtemps. Pour cette raison, les cabinets médicaux par exemple, doivent soit acheter une machine professionnelle soit utiliser un service de lavage externe avec une certification appropriée. »
La note fournie par la FFPB rappelle que quel que soit le type de machine à laver, professionnelle ou ménagère, une désinfection quotidienne de celle-ci est recommandée. Dans les laveries, lorsqu’il est possible de programmer un cycle de désinfection automatique, les exploitants sont invités à le faire après chaque lavage.

Comment traiter le linge au sein d’un pressing ?
Pour les professionnels, il est important de ne pas faire de généralités à partir d’un protocole unique même s’il est certifié EN 14476. Chaque fabricant a élaboré le sien propre (dosages, exposition, température). Dans les faits, la norme EN 14476 ne garantit pas la désinfection mais une méthodologie de conduite de tests. Les seules certifications les plus valables actuellement car les plus rigoureuses et qui garantissent une désinfection avec un protocole complet (dosage + température + temps d’exposition) sont celles certifiées RKI AB / VAH, du moins en ce qui concerne l’hygiène dans les textiles, car il s’agit de désinfecter en profondeur, à la différence des protocoles de désinfection des surfaces ou le traitement est plus « superficiel ».
D’après le laboratoire du fabricant Seitz, on retiendra :
- que pour obtenir une désinfection thermique haute température, il faut compter 90°C pendant 10 minutes ou 85°C pendant 15 minutes.
- que pour une désinfection à basse température (40°C-60°C), l’addition d’un désinfectant est requis.
- que dans le cas d’un nettoyage en milieu solvanté, rien ne permet aujourd'hui de garantir une action virucide sur le linge traité : aucune certification ne permet de prouver une désactivation sur le virus avec les produits existants.

Qu’en est-il des vêtements de pompiers ?
Pour les services de secours et d'incendie, qui peuvent également entrer en contact avec des patients, plusieurs fabricants disposent de produits certifiés apportant des garanties en termes de désinfection. L’action sur le coronavirus n'a pas encore été testé, mais l’efficacité des procédés contre les virus non enveloppés, qui sont généralement encore plus résistants que les virus enveloppés tels que le coronavirus, est éprouvée. Attention toutefois aux spécifications d’utilisation des procédés chimiques : si l’étiquette d’entretien indique des températures de lavage et des instructions de blanchiment différentes, les pompiers prennent des risques !

En tout état de cause, face à un vêtement contaminé ou potentiellement contaminé, qui peut le plus peut le moins : la conduite à tenir est la même, et il faut strictement respecter les préconisations d’hygiène et d’entretien ! Prenez garde aux informations contradictoires qui circulent et rapprochez-vous de vos fournisseurs/fabricants pour vérifier si les produits que vous utilisez sont normés et effectivement virucides (pas juste désinfectants ou bactéricides : face au Covid-19, cela est insuffisant).

 

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