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Toute l'actualités de l'entretien pro des textiles : blanchisseries, pressings

 

Pressing. 5àsec sort de redressement judiciaire


Publié le 23 févr. 2021 16:03:46

 

Annoncé dans nos colonnes en mai 2020, le placement en redressement judiciaire du leader du marché est désormais derrière lui. Une bonne nouvelle et un signal positif pour le secteur du pressing qui, dans le contexte sanitaire actuel, souffre des effets des confinements successifs et du télétravail.

15 décembre 2020 : la sortie de redressement judiciaire du groupe 5àsec s’est finalement effectuée assez rapidement, avec en filigrane un plan de relance déjà au point lors de la procédure qui a probablement permis d’être efficace en la matière. Pour rappel, le Tribunal de commerce de Paris avait initié par jugement du 28 avril 2020 le redressement judiciaire au profit de 5àsec, le leader mondial du pressing. La période d’observation courait sur six mois, soit jusqu’au 28 octobre 2020.

Arrivé il y a un an chez 5àsec, Benjamin Lacoste a pris les rênes du poste de directeur général France dans un contexte pour le moins compliqué. « Deux mois et demi après ma prise de fonction, nous avons dû faire face au premier confinement. J’ai fait le choix alors de fermer l’intégralité des magasins du réseau – il n’y avait pas de clients. Deux mois de fermeture, aucun chiffre d’affaires, un énorme impact sur la trésorerie… La décision de se placer sous la protection du tribunal s’est imposée. Mais nous sommes rentrés dans la procédure avec un plan de relance établi, censé se formaliser à l’origine le 18 mars 2020. La signature est tombée à l’eau, mais le projet et le business plan restaient d’actualité. Finalement, le redressement judiciaire a permis de rétablir des équilibres financiers supportables par l’entreprise », constate le directeur général.

Bridgepoint sorti du capital, c’est LGT qui a pris le contrôle et devient donc l’actionnaire de référence. Un appel d’air pour 5àsec, qui bénéficie de plus de 10 millions d’euros de ré-investissement. De quoi envisager l’avenir avec plus de sérénité. Au-delà du désendettement massif et du nouvel actionnaire majoritaire qui investit, Benjamin Lacoste peut s’enorgueillir de n’avoir procédé à aucun licenciement. « Aucune casse n’est à déplorer aux niveaux des équipes, ni aucune fermeture de magasins. Nous avons réussi à préserver le capital humain et technique, et c’était essentiel pour moi. »

Il semble probable que l’ancien actionnaire n’avait probablement pas mesuré le niveau d’investissements nécessaires ni le niveau de performance réelle de l’entreprise. Conscient des enjeux et du déclin du marché, le directeur général de 5àsec reste toutefois convaincu qu’il y a des actions à mener pour relancer la marque et dynamiser le secteur, notamment « en termes d’offre produits, d’offre de services, d’expérience client ». « Le métier doit se moderniser et se transformer. L’année 2020 a été particulièrement compliquée mais nous l’avons mise à profit pour mettre au point notre stratégie. » L’avenir dira si celle-ci fonctionne« L’enjeu pour 5àsec aujourd’hui est de réussir la reprise d’activité et de poursuivre le plan de relance », conclut Benjamin Lacoste.

 

Dans la nuit du 21 janvier 2021, l’entreprise de métallurgie Sanchez Industrie, spécialiste des chariots de blanchisserie, a été victime d’un incendie qui a intégralement détruit son usine de 5000 m², à Livarot (14). La communauté d’agglomération de Lisieux dans le Calvados a rapidement mis à disposition de l’entreprise un bâtiment d’une surface équivalente, lui appartenant, situé à quelques mètres du bâtiment détruit.

Dès le lendemain, Hubert Bayer, le dirigeant, a pris des dispositions pour prévenir ses clients et reprendre au plus vite son activité. La production devait reprendre fin février afin d’honorer les commandes en cours et redémarrer l’activité commerciale. Sanchez Industrie réalise un chiffre d’affaires de 5,8 millions d’euros (2018), emploie 50 salariés et commercialise ses produits dans plus de 22 pays, en Europe et en Afrique.

 

Girbau et HeiQ ont décidé d’unir leurs forces pour « virobloquer » les vêtements et textiles par un nouveau processus de blanchissage. HeiQ, leader de l'innovation dans les matériaux fonctionnels, s’est en effet associé au fabricant de matériel de blanchisserie espagnol pour utiliser la technologie « HeiQ Viroblock NPJ03 » dans le processus de blanchisserie afin d'ajouter des effets antiviraux et antimicrobiens aux vêtements et aux textiles. La solution peut être appliquée aux services de blanchisserie industrielle ayant des clients issus notamment des secteurs de la santé, de l'hôtellerie et des secteurs de la fabrication alimentaire, où l'hygiène et la sécurité sont primordiales. L’hôpital barcelonais de Vic a déjà adopté la technologie, et HeiQ et Gibrau envisagent d’importer cette innovation dans les laveries.

La technologie textile suisse HeiQ Viroblock NPJ03 est l'une des premières à avoir prouvé son efficacité contre le SRAS-CoV-2 et a été appliquée par plus de 150 marques dans le monde à plus d'un milliard de masques. Fabriquée avec 100% d'ingrédients de qualité cosmétique, HeiQ Viroblock combine deux mécanismes d'attaque entraînant une destruction de plus de 99,99% des divers types de virus et de bactéries, d’après les tests effectués selon les normes ISO 18184 et ISO 20743.

Jusqu'à aujourd'hui, la technologie est appliquée aux textiles en suivant deux méthodes. La première consiste à l'ajouter au textile et à le fixer sur les fibres de manière permanente pendant le processus de fabrication du textile à l'usine avant qu'un tissu ne soit coupé et cousu en produits finis, tels que des vêtements, des draps et des serviettes. Pour les produits qui ne sont pas intrinsèquement issus du traitement de l'usine, on peut vaporiser la formulation diluée sur les produits finis et sécher à l'air. Les deux procédés transforment les textiles en une surface antivirale et antimicrobienne.

La deuxième méthode – et c’est nouveau - consiste à appliquer un traitement antiviral industriel réalisé pendant le processus de lavage, de sorte à offrir une protection supplémentaire aux vêtements lorsqu'ils sont déjà sur le marché. Cette nouvelle approche illustre le potentiel de cette technologie apte à devenir un produit de post-traitement pour les produits blanchis.

Dans le cadre de cette collaboration, Girbau se concentrera dans un premier temps sur une offre B2B, avec un accent particulier sur la protection antimicrobienne et antivirale renforcée des vêtements et textiles utilisés dans le secteur de la santé et de l'hôtellerie. « Je suis ravi du partenariat entre HeiQ et Girbau, car il représente une étape importante dans notre cheminement vers la création de solutions de traitement textile qui ont un impact positif sur les gens. Compte tenu des circonstances actuelles, les entreprises ont la responsabilité de proposer des solutions qui protègent leurs communautés. Ce partenariat est un autre saut positif en termes de différenciation de l’offre de Girbau dans le secteur de la blanchisserie. Il démontre une fois de plus comment deux entreprises innovantes peuvent contribuer à un monde meilleur en unissant leurs forces », déclare Serge Joris, président de Girbau. « Cette collaboration avec Girbau ouvre une nouvelle méthode pour ajouter des propriétés antivirales HeiQ Viroblock via un post-traitement aux produits textiles. Cela rend notre technologie antimicrobienne lauréate du Swiss Technology Award disponible pour protéger plus de textiles et profiter à plus de personnes », souligne pour sa part le co-fondateur et PDG du groupe HeiQ, Carlo Centonze.

 

Pressing. Une seule MAF pour le cru 2020


Publié le 23 févr. 2021 15:57:17

 

Elle s’appelle Amandine Routhiau, elle a 17 ans, et elle a décroché l’or du concours en tant que meilleure apprentie de France dans la catégorie Pressing. La crise sanitaire a largement bousculé l’organisation de ce concours traditionnel qui comptait à l’origine une trentaine d’inscrits, empêchant les finales régionales de se dérouler et ne permettant à la finale nationale de n’avoir lieu que le 12 février à Fontenay-le-Comte. La jeune vendéenne a conquis le jury composé de quatre professionnels aguerris.

Formée au lycée Notre-Dame-du-Roc (la Roche-sur-Yon) et titulaire d’un CAP métier du pressing, Amandine a vu dans ce concours l’opportunité de conforter le choix de son métier, qu’elle vit comme une passion. Pragmatique, la jeune fille est déjà en train d’ajouter une corde à son arc, puisqu’elle suit cette année une formation en couture pour diversifier ses compétences. Elle recevra sa médaille prochainement à La Sorbonne, et vous en découvrirez plus sur Amandine dans le numéro d’entretien Textile du mois de mai !

 

Une équipe de recherche canadienne de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) développe un procédé de traitement électrolytique des eaux usées permettant de dégrader les microplastiques à la source.

Comme le rappelle une étude parue dans la revue Nature Communication (lien 1), une grande quantité des microplastiques retrouvés dans l’océan Arctique provient d’une même source : le lavage des vêtements en textiles synthétiques, dont les microfibres s’avèrent à l’origine des microplastiques. Un constat qui a incité le professeur Patrick Drogui, directeur d’une étude parue dans le journal Environmental pollution (lien 2), à partager les résultats de la technologie sur laquelle il travaille. Les résultats prometteurs devraient intéresser les fabricants, loueurs et blanchisseurs au plus haut point, la question des RSDE et plus particulièrement des microplastiques représente un enjeu d’actualité pour la filière de l’entretien textile.

Un traitement à la source de la pollution

On sait déjà que les eaux usées peuvent transporter une concentration importante de microplastiques, ces petites particules de moins de 5 mm. « Lorsque les eaux des buanderies commerciales arrivent à la station d’épuration des eaux usées, elles sont mélangées à de grandes quantités d’eau, ce qui dilue les polluants et les rend plus difficiles à dégrader. À l’inverse, en agissant à la source, soit à la buanderie, la concentration de microplastiques est plus élevée par litre d’eau, et donc plus accessible pour la dégradation par voie électrolytique », détaille le chercheur. Et de souligner qu'actuellement, aucune méthode de dégradation n'est employée pour contrer ce contaminant lors du traitement des eaux usées.

Des résultats prometteurs et un procédé non polluant

L'équipe de recherche a choisi d'étudier la dégradation des particules par oxydation électrolytique, un processus qui ne requiert pas l'ajout de produits chimiques. « Grâce à des électrodes, nous générons des radicaux hydroxyles (OH) qui s'attaquent aux microplastiques. Ce processus est respectueux de l'environnement, car il les dégrade sous forme de molécules de CO2 et d'eau, non toxique pour l'écosystème, explique le professeur. En agissant à la source, donc dès la blanchisserie, la concentration de microplastiques est plus élevée par litre d'eau, et donc plus accessible pour la dégradation par voie électrolytique. Mais il reste encore un faible pourcentage, donc il faut continuer à optimiser le processus vers les 100 % d’élimination totale des microplastiques ». Certes, les électrodes utilisées dans ce processus sont plus coûteuses que les électrodes en fer ou en acier, qui se dégradent, mais elles sont réutilisables pendant plusieurs années.

En laboratoire, lors de tests effectués sur des eaux artificiellement contaminées avec du polystyrène, l'efficacité de dégradation était de 89 %. L'équipe prévoit de passer prochainement à des expériences sur des eaux réelles. « Les eaux réelles contiennent d'autres matières qui peuvent interférer dans le processus de dégradation, comme des carbonates et des phosphates qui peuvent piéger les radicaux et réduire la performance du processus d'oxydation », indique le spécialiste en électrotechnologies et traitements des eaux. Si la technologie démontre son efficacité sur des eaux réelles de buanderies commerciales, le groupe de recherche prévoit une étude pour vérifier son coût de traitement et son adaptation de la technologie pour traiter de plus grande quantité d'eaux usées. D'ici quelques années, la technologie pourrait donc être implantée dans une blanchisserie. A suivre !